[ENTRETIEN] Jean-Frédéric Poisson: “La résistance à l’oppression est un droit constitutionnel”

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Interview exclusive sur la désobéissance civile du président du parti Via (ex Parti Chrétien Démocrate), et candidat à l’élection présidentielle de 2022.

L’ancien député français des Yvelines de 2012 à 2017, invoque l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, pour appeler à la désobéissance civile en France.

Retrouvez l’interview en intégralité sur notre chaine YouTube.

INTERVIEW

Souverainistes.info : Jean-Frédéric Poisson bonjour, pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

Jean-Frédéric Poisson : Je suis président du parti Via, la voie du peuple, ex parti chrétien démocrate.  J’ai eu un parcours professionnel dans le privé et le public, comme DRH et consultant dans la métallurgie, puis comme député à deux reprises, maire et président de la communauté de communes de Rambouillet. Je suis docteur en philosophie, j’ai un master de droit social du fait de mes engagements pour le droit du travail, et je suis auteur avec des ouvrages sur la philosophie morale et politique ainsi que sur l’Islam. Je suis par ailleurs chasseur, joueur de cartes, et ancien pilier gauche du XV parlementaire.

Vous appelez à la désobéissance civile. Portez-vous le masque à l’extérieur ?

Non car j’ai compris que ça ne servait à rien. Je le porte pour ne pas incommoder quand je suis accueilli quelque part ou dans les transports en communs. Je ne vois pas l’intérêt à porter un masque lorsque c’est inutile et je considère la mesure comme inutilement contraignante et irrationnelle. Je suis bien-sûr prêt à payer l’amende si je me fais contrôler, car comme nous le verrons plus tard, la désobéissance civile comporte l’idée que l’on accepte la sanction qu’on encoure.

Comprenez-vous la crise politique actuelle et la défiance d’une partie des français envers le gouvernement ?

Oui évidemment. La défiance des français vis-à-vis des politiques est une histoire ancienne, elle ne date pas de la crise sanitaire ou d’Emmanuel Macron, mais il l’a aggravée. D’abord, car il y a chez lui et une grande partie de ses soutiens, une forme d’arrogance, de mépris du peuple, qui l’a conduit par exemple à dire que dans une gare on croise sur le quai des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien, phrase incompréhensible pour moi, ou quand il traite depuis le Danemark les français de « gaulois réfractaires », qui sont pourtant plutôt disciplinés dans la crise covid, même un peu trop, ou encore la manière dont on s’est occupé des premiers gilets jaunes.

Puis deuxièmement, des mensonges, contradictions, ambiguïtés, qui sont la marque du quinquennat et de la crise sanitaire et qui ne permettent pas aux français de comprendre ce qui se passe avec une parole qui change du jour au lendemain sur le confinement, les vaccins… Je pense que la santé des français n’est pas la première préoccupation malheureusement du pouvoir public actuel. La défiance vient donc initialement d’une forme d’inefficacité à résoudre les problèmes politiques du pays et actuellement la manière de gouverner ne permet pas aux français de faire confiance au gouvernement. Nous sommes aujourd’hui privés d’une parole de vérité sur la situation et ses perspectives. Je pense que seule une réforme en profondeur des institutions et un changement radical du personnel politique pourrait permettre de curer cette défiance.

Vous êtes l’un des seuls responsables politiques à appeler à la désobéissance civile, avec Floriant Philippot. Pourquoi choisir ce mode de protestation et pas un autre ?

Pour des raisons juridiques et politiques. Je ne suis plus au parlement, je ne peux donc pas saisir le conseil constitutionnel et les formations politiques qui y siègent n’ont pas l’air opposées très énergiquement aux mesures sanitaires. La désobéissance civile c’est donc le seul moyen qu’il reste au peuple quand il considère être opprimé, et nous sommes en situation d’oppression.

Depuis maintenant un an et demi, une douzaine de nos libertés fondamentales sont rabotées, suspendues, supprimés (liberté de réunion, de circuler, de culte, de manifester, de travailler, d’expression avec la loi Avia, de contrôle parlementaire avec la présence du conseil de défense…). Notre parti Via est le seul à avoir attaqué devant le conseil d’état des décrets liberticides comme le fichage politique rejeté sous Sarkozy. C’est donc le seul moyen qu’il reste pour contester pacifiquement, collectivement, de manière proportionnée et précise, les mesures sanitaires. La résistance à l’oppression est alors reconnue dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 comme un droit imprescriptible de l’homme.

Des initiatives ont émergées un peu partout en France (Restaurateurs, Bas les masques, théâtres), mais aucun grand mouvement de protestation comme dans les pays nordiques ou du sud. Quelle en est selon-vous la raison ?

2 raisons. La première par la stratégie de la peur du gouvernement dans les annonces officielles et dans l’info en continue des médias, qui met la France dans une psychose collective. La deuxième raison c’est que la logique individualiste instiguée par le système néo-libéral, que je combats, a réussie à isoler les gens. Comme dans les entreprises, petit à petit le collectif de travail s’est délité, laissant seul le salarié face à l’autorité de son propre patron, ou le consommateur seul face à la toute-puissance des grandes entreprises, et le peuple laissé individuellement seul face à l’autorité de l’état. Ce fractionnement de la société où les individus vivent les uns à côté des autres rend difficile toute action commune. Peur et isolement laissent donc peu de possibilité de mobilisation collective contre la politique du gouvernement.

Pourquoi ne pas vous rassembler avec ceux qui appellent à la désobéissance civile, sous forme de collectif par exemple ?

Ce n’est pas exclu. Nous avons participé avec Floriant Phillipot à une manifestation qu’il organise devant le ministère de la santé pour manifester notre opposition contre la dictature sanitaire. Je suis clairement dans une optique de rassemblement, et pas que pour 20222. Pour infléchir la politique sanitaire ou pour empêcher le président d’être élu aux présidentielles. Si nous n’arrivons pas à établir un programme commun, nous subirons encore les aphtes du macronisme ou de l’un de ses semblables. Mais c’est compliqué. Le rassemblement semble ne pas être encore la priorité alors que personne ne gagne seul et que ce qui est important c’est ce qu’on veut faire de la France, peu importe d’où l’on vienne. Mais je ne désespère pas qu’on puisse y arriver une fois le moment venu.

Vous appelez à la désobéissance civile des français, et souhaitez leur redonner leur souveraineté. Pourtant en 2007 vous vous êtes abstenu au vote de ratification par le Parlement du traité de Lisbonne. Pourquoi ne pas s’être manifesté ce jour-là ?

J’étais dans le groupe majoritaire et s’abstenir signifie que l’on n’est pas d’accord. Mais mon opposition à tous les traités européens est constante. Nous avons fait campagne contre le traité de Lisbonne, contre le traité budgétaire en 2012 qui donnait les clés budgétaire de la France à Berlin, contre le protocole de Londres qui imposait l’anglais y compris dans le dépôt des brevets des entreprises. J’ai pris aussi position pour la sortie des accords de Schengen et de la CEDH. Mon opposition est donc sans exceptions et constante depuis une douzaine d’années.

Vous appelez à la « société des corps intermédiaires » ou « société de la subsidiarité ». Pouvez-vous l’expliquer et donner votre définition de la souveraineté à la française ?

Il y a dans la vie de la société, des groupes humains sans lesquels l’homme ne peut pas s’épanouir. Il y a la famille où on apprend sa langue maternelle, la vie en société. Le deuxième groupe est celui des entreprises où on participe à la prospérité commune en créant de la richesse. Le troisième est le monde associatif où on apprend l’engagement gratuit pour le service à la collective. Le quatrième groupe est le territoire dans lequel on apprend l’identité géographique et la culture nationale. Les corps intermédiaires ne sont donc pas réduits aux syndicats/organisations professionnelles comme on l’entend habituellement, mais enrichis des autres groupes, qui sont tout aussi essentiels à la vie en cité. Car ces groupes sont l’occasion de découvrir la vie et l’engagement collectif, et servent de protection contre la toute-puissance de l’état vis-à-vis des individus que nous sommes.

Ces corps intermédiaires ont été piétinés par le macronisme, qui l’a théorisé et expliqué par le président ou ses soutiens plusieurs fois. Je souhaite que ces groupes reviennent en force, car c’est à travers eux que nous vivons. Si nous ne pouvons pas les remettre au centre, alors nous laissons le pouvoir à l’état central, dont nous voyons aujourd’hui les limites : pas de dialogue social, territoires ignorés, famille méprisées et rabotées dans leur pouvoir d’achat, et associations qui croulent sous les contraintes administratives et financières. On étouffe donc petit à petit le pays.

Pour retrouver une souveraineté à la Française, il faut savoir que la France est habituée à vivre avec un état central. La France n’est pas une fédération. On doit alors redonner à l’état les moyens de faire en sort que le peuple français reprenne en main son pouvoir. Je suis donc pour le rétablissement des frontières, la sortie de la cour européenne des droits de l’homme, la limitation des prérogatives données à la commission (industrie, recherche, immigration) et pour deux questions posées aux français par référendum : sortie de l’Union-Européenne et poursuite ou non avec l’euro comme monnaie commune. Je ne fais donc pas du Frexit un préalable. C’est aux français de décider à la suite d’un grand débat.

À présent, nous allons vous poser une série de question, pour lesquelles il faudra répondre par pour ou contre. Alors, pour ou contre l’ouverture des restaurants ?

Pour, à fond pour. Même s’il faut respecter les gestes sanitaires. Et j’irai si j’en trouve un d’ouvert.

Pour ou contre le masque à l’extérieur ?

Contre. Absolument.

Pour ou contre un confinement même court ?

Contre car ce n’est pas nécessaire, surtout si l’état centralisateur confine à l’aveugle les territoires sans prendre en compte le cas par cas.

Pour ou contre le vaccin ?

Ni pour ni contre. En fonction des garanties. Je suis vacciné avec ceux obligatoires et lors de mes voyages. Je ne suis pas contre le vaccin par principe, mais je suis contre tant qu’on ne m’a pas donné les assurances nécessaires qu’il n’y a pas de conséquences néfastes.

Pour ou contre Didier Raoult ?

Ni pour ni contre bien au contraire comme dirait l’autre ! (rigole) Sinon pour, car c’est un homme qui a l’humilité des grands savants. Ça peut paraître paradoxal car il est très sûr de ce qu’il dit, mais précisément ; il faut une très grande humilité devant la discipline pour être sûr de ce qu’on avance, quand on l’avance. Je trouve que c’est un homme courageux et j’ai du respect pour les hommes courageux.

Pour ou contre l’Europe et le Frexit ?

Pour l’Europe, contre l’Union-Européenne de Maastricht. Et pour un référendum sur l’appartenance à l’Union-Européenne.

Merci à vous Jean-Frédéric Poisson et bon courage pour 2022.

Merci à vous.

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